Connection
DOOM : SURFACE Contrôle
Mathis Altmann, Olga Balema, Max Brand, Aleksander Hardashnakov, Renaud Jerez, Laurent Kurz Veit, Jared Madere, Lucie Stahl

Dans son exposition récente, la DRAF Fondation avait réuni quelques artistes dans une exposition titrée "Géographies of Contamination »*. La notion de contamination qui peut être étendue jusqu'à l'idée même de pollution est certainement la plus adaptée à des pratiques émergentes que Alex Scrimgeour décrit comme telles : « L’exposition aussi bien que les oeuvres sont tout autant contaminées par leur enchevêtrement avec des images-mondes, des affects, des matériaux, des processus, des dispositifs et des discours que par le site même des opérations artistiques qui sont devenues, elles, poreuses, perméables et hybrides ». Ces mêmes pratiques sont également rapportées à une méta-matérialité qui serait le fruit de la créativité d'une génération soumise aux lieux communs d'une société numérique qui aurait altéré voire modifié les notions mêmes d'espace et de temps sous les effets des révolutions technologiques les plus récentes. « Si l’image est devenue information (sans racines et multipliable), sa surface visible n’est devenue qu’une interface, un espace d’échange. En technologie consumériste surface est « clean » mais un écran plat Haute Définition ne reste qu’une mécanique déceptive. L’oeuvre d’art devient un moyen de « niquer » cette surface de données monétisantes, congelées dans sa matérialité spécifique. » (Alex Scrimgeour). Si les outils digitaux et numériques sont bien employés, ils le sont librement, comme les outils banalisés du temps. L'état d'ambiguité des positions qui nourrit cette polysémie critique, et les contradictions qu'elle fait apparaître sont bien de l'ordre du projet, et des cadres de ses pratiques qui se rejouent en tant que telles, pour devenir indéfinissables et ainsi marquer leur résistance à la logique réductrice du marché plus qu'à la marchandisation qui le porte.

Opening on Friday 10 October at 6pm

The David Roberts Art Foundation (DRAF) recently gathered together several artists for its exhibition entitled "Geographies of Contamination"*. The notion of contamination, which can be stretched to encompass the very concept of pollution, certainly best applies to emerging practices that Alex Scrimgeour describes as such: "The exhibition as well as the oeuvres are contaminated as much by their entanglement with 'world-images', affects, materials, processes, mechanisms and discourses as by the very site of artistic operations which have themselves become porous, permeable and hybrid". These same practices are also related to a certain "meta-materiality" that could be considered the creative fruit of a generation subject to the commonplaces of a digital society that has altered or modified our very notions of time and space under the influences of the most recent technological revolutions. "While the image has become information (rootless and multipliable), its visible surface has become but an interface, a space for sharing and exchanging. As consumerist technology, the surface is 'clean', but a flat, high-definition screen remains but a deceptive mechanism. The work of art becomes a means for 'buggering' this surface of monetizing data, frozen within the surface's particular materiality." (Alex Scrimgeour). If digital tools are well employed, they are utilized freely, as the commonplace tools of times. The state of ambiguity that nourishes this critical polysemy, and the contradictions it produces, are in line with the project, and the frameworks of its practices that reappear as such, to become indefinable and thereby demonstrate their resistance more to the over-simplistic logic of the marketplace than to its underlying "commoditization". The resulting oeuvres would not or no longer be oeuvres.

L'intention initiale, soit qu'elle parte d'idées, soit qu'elle parte de formes, est celle de la production de formes radicales avec des modalités et des outils conceptuels dans la sphère de la représentation et pour certains de la figuration. Mais la logique globale qui prévaut à la conception et à la mise en oeuvre de l'entreprise est polluée par les périphéries, les manipulations et les détournements qu'elles suscitent. L'organisation du travail est pensée comme l'organisation du monde, un monde lui-même rendu peu lisible parce que composite conséquemment à une pollution, un parasitage qui est tout autant extérieur qu'intrinsèque, constitutif des troubles et des ambiguïtés de son analyse (industriel, urbain, froid, brut, voire sale et sombre) et ce dans une liberté de travail qui pourrait les conduire, s'ils le souhaitent, à collaborer.

Le projet d'exposition est localisé dans l'espace central sous verrière du MAGASIN qui est appelé la "Rue" et qui développe près de cent mètres linéaires de parois sous plus de vingt mètres de hauteur. Il est conçu avec Renaud Jerez et rassemble quelques-uns des artistes de cette génération, Mathis Altmann, Jared Madere, Aleksander Hardashnakov, Veit Laurent Kurz, Olga Balema et Max Brand.

Le projet, l'exposition des productions qui en sont issues, pourrait être succinctement défini comme tel : "Le principe qui sous-tend cette exposition est de rassembler différentes compositions murales, monumentales qui traitent de l’idée de molécularisation - ou d’atomisation - et de la pollution qui pénètre dans les écosystèmes propres à chacune des pratiques artistiques, et ainsi de présenter des oeuvres ou des systèmes ésotériques congestionnés, encombrés, en proie à l’immédiateté et à l’évanouissement."

* Geographies of Contamination/Olga Balema, Neil Beloufa, Nicolas Deshayes, David Douard, Renaud Jerez, Sam Lewitt, Marlie Mul, Magali Reus, Rachel Rose, Michael E. Smith, DRAF, London, 31.01-29.03.2014.

The initial intention – originating in ideas or originating in shapes, forms – is the production of radical shapes and forms using conceptual methods and tools in the sphere of representation and, for some, of figuration. But the overarching logic prevailing in the design and implementation of the enterprise is contaminated by the peripheries and manipulations, as well as the resulting distortions, diversions. The work is organized as the world is organized, a world itself rendered incoherent by its composite nature resulting from pollution, interference that is at once exterior and intrinsic, constitutive of the confusions and ambiguities of its analysis (industrial, urban, cold and raw, even dirty and dark) – and this within a freedom to work that could lead them to collaborate, should they so desire.

The art centre’s atrium ("La Rue") will welcome the collective exhibition co-organized with Renaud Jerez, a French, Berlin-based artist belonging to the post-Internet, or post-materiality, generation of artists and gathers a selection of artists including Mathis Altmann, Jared Madere, Aleksander Hardashnakov, Veit Laurent Kurz, Olga Balema and Max Brand.

The project could be briefly defined as such:"The main idea behind this show is to have somes different monumental wall work composits, dealing with the idea of molecularisation or atomisation, and pollution inside each own art practice ecology. with congested esoteric systems/artworks, dealing with imminency and blackout".

* Geographies of Contamination/Olga Balema, Neil Beloufa, Nicolas Deshayes, David Douard, Renaud Jerez, Sam Lewitt, Marlie Mul, Magali Reus, Rachel Rose, Michael E. Smith, DRAF, London, 31.01-29.03.2014.