Connection
JOURNÉE RÉSEAU CINÉMA
MER 02 MAI - 15H > 20H

Le Réseau Cinéma réfléchit à la place prise par le cinéma ces dernières années au sein des écoles d’art. Il s’agit d’explorer le cinéma comme un mode de pensée, une écriture, un régime de production et d’agencement des images.

 

Invitation à Lisl Ponger et présentation de son film Les vacances du musée. Récits cinématographiques de la vitrine vide et à Filipa Cesar pour la présentaton du film collectif Spell Reel.

 

 

Déroulé de la journée

15h / Présentation du Réseau Cinema

15h15 / Présentation Lisl Ponger

Introduite et accompagnée par Lotte Arndt
(traduit en français en consécutif)


15h20-16h / Projection

Lisl Ponger : Imago Mundi, 37 min HD, 2007.
(sous-titres en français)
Translation: Steve Wilder / Tim Sharp


16h -17h30

Le travail de Lisl Ponger porte sur les stéréotypes, le racisme et la construction du regard. Depuis plusieurs décennies, elle le conduit à l’intersection entre art, histoire de l’art et ethnologie, en photographie, film et installation. L’artiste a examiné la nature construite des identités culturelles, nos idées et imaginaires – souvent stéréotypées – de l’Autre, et des questions portant sur la représentation visuelle. Lisl Ponger vit et travaille à Vienne. Ces expositions monographiques récentes incluent : 2017, MuKulMuseum présente The Master Narrative, Weltmuseum Vienne ; 2016 MuKulMuseum présente Eldorado Task Force, dans l’exposition Erzähl mir Salzburg, Salzburg Museum; 2014 Schöne Fremde, Kirchnermuseum, Davos, Switzerland; Dreams of New Worlds, Charim Galerie, Vienne et MuKulMuseum présente The Vanishing Middle Class et Wild Places, Secession, Vienne.

A Grenoble, elle présentera son projet sur le MuKulMuseum, un musée (fictionnel) pour des cultures étrangères et familiaires, qu’elle dirige en tant que curatrice principale. Le projet se déploie au travers de collaborations avec des institutions culturelles qui accueillent ses expositions. Il interroge des récits d’appartenance et d’exotisme, avec des expositions comme The Master Narrativeou The Vanishing Middle Class. Ponger reverse ici le regard : en traitant les classes moyennes européennes comme un objet d’étude de la même manière que les expositions ethnographiques faisaient (et font en partie) de peuples montrés comme exotiques et localisés dans des contrées lointaines du monde extra occidental, Ponger montre pertinemment l’imaginaire mis en place par certains dispositifs muséales. En conséquence, on se retrouve dans un exercice de déconstruction qui invite à interroger ces mécanismes de façon critique.

Texte à lire (pour approfondir) :
https://www.jonathanrosenbaum.net/2017/12/lisl-ponger’s-cinema-the-lessons-of-ignorance-tk/



18h - 20 h / Projection 

Spell Reel
Un film collectif assemblé par Filipa César

En 2011, une archive filmique et du matériel audio ré-émergent à Bissau. Au seuil d’une destruction complète, ces bandes témoignent de la naissance du cinéma guinéen en tant que part essentielle de la vision de la décolonisation d’Amílcar Cabral, leader de la libération assassiné en 1973. En collaboration avec les cinéastes guinéen Sana na N’hada et Flora Gomes, ainsi qu’avec beaucoup d’autres alliés, Filipa César imagine un périple où cette fragile matière du passé opère comme le prisme visionnaire d’un éclat d’obus à travers lequel nous regardons. Numérisée à Berlin et projetée dans différents contextes – dans ce qui pourrait ressembler à un cinéma itinérant transnational – l’archive provoque débats, récits et prémonitions. Des villages les plus isolés de Guinée-Bissau aux capitales européennes, ces archives silencieuses deviennent un lieu à partir duquel chercher un antidote à la crise mondiale.

Filipa César
Artiste et réalisatrice, Filipa César (Porto, 1975) explore les dimensions fictionnelles du documentaire et l'économie, la politique et la poétique des pratiques cinématographiques. Une large part de ses films se concentre sur les spectres de la résistance au sein l'Histoire géopolitique du Portugal. Par la création d’espaces performatifs, elle propose une approche subjective du savoir et questionne les mécanismes de production des grands récits nationaux comme l’effacement des évènements et gestes minoritaires.
Depuis 2011, elle a réalisé plusieurs films qui prennent pour matrice les premiers heures du cinéma de lutte et de libération en Guinée-Bissau, tels les fragments d’un héritage perdu dont elle cherche à réanimer le potentiel au travers d'une recherche collective, Luta ca caba inda(La lutte n'est pas encore terminée). En 2017, Spell Reel, son premier long-métrage qui retrace cette aventure, est présenté en première mondiale à la Berlinale (Forum) puis dans près d’une vingtaine de festivals et musées de par le monde où il reçoit de nombreux prix. Avec Sunstone(2018) qu’elle réalise en collaboration avec Louis Henderson, elle retrouve la veine d’un cinéma qui interroge les technologies visuelles du pouvoir et la matérialité du regard, dans l’esprit des œuvres d’Harun Farocki.