Connection
Bivouac #2 – MDH Chorrier Berriat (Grenoble)
/ The walks academie
Jeudi 1er février à 19h

Rendez-vous jeudi 1er février à 19h à la Maison des Habitants Chorrier Berriat à Grenoble, pour une serie de projections vidéos d'artistes ainsi que de rencontres avec Guillaume Barborini (artiste), Théo Sanon (Funambule) et Alain Guézou (activiste).

  

Projection des vidéos de :

 

Guido van der Werve
Nummer acht, 2007. Everything is going to be alright

Trisha Brown
Spanish Dance (1977) Mills College
Spanish Dance (1974 November)
Le déhanchement d’une danseuse se communique progressivement à ses compagnes, adoptant tour à tour le port de bras d’une danse espagnole, le tout sur le folk de In the Early Morning Rain de Bob Dylan. Spanish Dance relève d’un ensemble de recherches sur le concept d’ « alignement ». 

 

Trisha Brown

Man Walking Down the Side of a Building (1970 April 18)

cette vidéo fait partie de la série ‘Equipment Pieces’ dans laquelle des équipements d’alpinisme (poulies, harnais) permettent au corps du performeur de se confronter à la gravité. L’intention de Trisha Brown n’est pas de créer de la théâtralité mais d’attirer l’attention sur le simple fait de marcher en créant une situation qui n’est pas naturelle.
La simplicité des indications chorégraphiques données par Trisha Brown – marcher sur la façade extérieure d’un bâtiment – met en scène le mouvement lui-même, plutôt que sa motivation ou son inscription dans un récit. Aucune instruction n’est donnée sur la façon dont doit bouger le performeur, lui permettant ainsi de se concentrer entièrement sur sa propre réaction physique à la contrainte de marcher dans cette position inhabituelle. Ce processus est caractéristique du travail de Trisha Brown tant au sein du Judson Dance Theater qu’elle a aidé à former dans les années 60, que dans d’autres contextes. Il s’attache à l’étude des mouvements du quotidien dans leur relation à la danse en mettant l’accent sur les gestes individuels. La création chorégraphique de Trisha Brown qui s’appuie sur des mouvements simples et singuliers, facilite aussi son potentiel de réactivation : les éléments constants de l’œuvre sont identifiables – un performeur seul marchant sur la façade extérieure d’un bâtiment – et peuvent être transposés dans différents espaces et temporalités.

 

Bastien Joussaume
Walk, 2015
Walk est issu d’une série de vidéos explorant le mouvement simple. À partir d’un dispositif en plan fixe et plan séquence, la caméra est témoin d’une traversée dans un paysage naturel indéfini. On y retrouve un geste simple et essentiel : la marche. Là ou [EK1] il n’y a plus de recherches, plus de tentatives, où tout se réduit au réflexe d’un automatisme corporel évident permettant à l’humain de conserver un dynamisme vital lié au mouvement mais également à sa relation à la Terre, au travers du rapport sensoriel à la matière. 

Le corps du performeur devient le seul repère dans ce paysage désertique, la seule échelle, jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.

 

Francis Alÿs

Paradox of Praxis #5: Sometimes we dream as we live, sometimes we live as we dream (Ciudad Juárez, Mexico), 2013
Paradox of Praxis #5 appartient à une série d’action[EK2] s enregistrées en vidéo dans lesquelles Francis Alÿs performe des actions, tâches apparemment futiles. Si en 1997, dans Paradox of Praxis #1, l’artiste poussait un bloc de glace à travers le centre historique de Mexico jusqu’à ce qu’il soit complètement fondu, aujourd’hui Alÿs lance une boule de feu dans le tissu urbain et social détruit de Ciudad Juárez. Mais à cette occasion, l’objet ne disparait pas, il demeure suspendu dans ce paysage, politisant davantage le geste politique et le dessin d’une carte imaginaire d’une ville dévastée. La phrase introduisant Paradox of Praxis #5  “Sometimes we dream as we live, and sometimes we live as we dream” (Parfois nous rêvons comme nous vivons, et parfois nous vivons comme nous rêvons) transforme la critique de la pratique artistique en tant que telle à ce que Francis Alÿs décrit comme le contexte dictant le développement de l’action et son résultat.

 

Rencontres avec :

 

Guillaume Barborini, artiste

À travers des formes et des moyens divers, son travail consiste en l'élaboration et la mise en pratique de gestes singuliers. Par ces gestes, il recherche et revendique un temps de l'expérience et une présence cohérente au monde, tout en interrogeant en creux notre propre relation à ce dernier. La marche est une pratique qui s'invite régulièrement au sein de ce travail et en fait pleinement partie.

 

Théo Sanson, funambule

Après un grave accident d’escalade, Théo Sanson découvre la slackline à Grenoble en 2010 et se passionne pour cette nouvelle discipline sportive qui l’aide à reprendre confiance en lui. Il finit son master d’enseignement et décide de s’investir à fond dans la slackline qu’il considère comme une thérapie. Il explore toutes les facettes de l’activité, s’implique au niveau associatif et fédéral.

 

Alain Guézou, activiste

Alain Guézou a marché de Grenoble à Paris (612 km), puis de Grenoble à Bruxelles (783 km) afin de défendre les droits des personnes au Revenu de Solidarité Active (RSA). « Pourquoi marcher ? Parce que c’est ce qui coûte le moins cher quand on veut faire entendre ses droits et parce que mettre un pied devant l’autre c’est être debout donc droit, donc visible de et par toutes et tous. »

 

 

Mark your calendars: Thursday, February 1, at 7PM at the Maison des Habitants Chorrier Berriat in Grenoble, a series of screenings of artists' videos accompanied by meetings with Guillaume Barborini (artist), Théo Sanon (tightrope walker), and Alain Guézou (activist).

 

Video screenings by:

 

Guido van der Werve
Nummer acht, everything is going to be alright (2007)

Trisha Brown
Spanish Dance (1977) Mills College
The swinging of one dancer's hips is gradually transmitted to her companions, each adopting in turn the arm positions of a Spanish dancer, all to the folk rhythm of Bob Dylan's "In the Early Morning Rain." Spanish Dance is the result of a body of research on the concept of "alignment."

 

Trisha Brown

Man Walking Down the Side of a Building (1970 April 18)

This video is a part of the series Equipment Pieces in which climbing equipment (pulleys, harness) allows the performer to confront gravity. Rather than aiming at theatricality, Trisha Brown wants to draw attention to the simple fact of walking by creating a situation that is not natural.
The simplicity of the choreographic instructions given by Trisha Brown (walking on the side of a building) stages movement rather than its motivation or its inscription within a story. There are no instructions as to how the performer should move, instead allowing him or her to focus entirely on their own physical reaction to the constraint of walking in this unusual position. The process is typical of Trisha Brown's work, evident as much in the Judson Dance Theater she helped to found in the 1960s as in other contexts. This process focuses on the study of everyday movements in their relation to dance by foregrounding individual gestures. Trisha Brown's choreographic creation, which relies on simple and singular movements, facilitates its own potential for reenactment: the constant elements of the work are identifiable (a sole performer walking on the side of a building) and may be transposed into different spaces and times.

 

Bastien Joussaume
Walk, 2015
Walk combines a series of videos exploring simple motion. Using static and sequence shots, the camera becomes a witness to the crossing of a nondescript natural landscape. We encounter a plain, essential gesture, namely walking. Where there is no more researching, no more trying, everything is summed up in the self-evident automatic reflex of the body allowing human beings to preserve, through a sensory relationship to matter, the vital momentum connected to motion and to their relation to the Earth.
The body of the performer becomes the only landmark in this deserted landscape, the only visual cue, until he disappears over the horizon.

Francis Alÿs

Paradox of Praxis #5: Sometimes we dream as we live, and sometimes we live as we dream (Ciudad Juárez, Mexico), 2013
Paradox of Praxis #5 belongs to a series of actions recorded on video in which Francis Alÿs carries out apparently pointless tasks. While in 1997, in Paradox of Praxis #1, the artist pushed a block of ice across the historical city center in Mexico until it melted, in this video, Alÿs kicks a flaming ball around the disintegrating urban and social landscape of Ciudad Juárez. This time, however, the object does not disappear, but rather lingers on, further politicizing the gesture and the outlines of the imaginary map of this devastated city. The introductory phrase in Paradox of Praxis #5, "Sometimes we dream as we live, sometimes we lives as we dream" transforms the critique of artistic practice as such into what Francis Alÿs describes as the context dictating the development of an action and its results.

 

ENCOUNTERS:

 

Guillaume Barborini, artist
Using different forms and media, his work involves the elaboration and implementation of singular gestures. Through these gestures, the artist explores and asserts an experiential time and a consistent presence in the world, while at the same time delving into our relationship with that world. Walking is a practice that regularly enters his work and is in fact integral to it.

 

Alain Guézou, activist

Alain Guézou walked from Grenoble to Paris (612 km), then from Grenoble to Brussels (783 km) in order to defend the rights of people dependent on Active Solidarity Income (RSA). "Why walk? Because this is the least expensive way of getting around when you want to make your rights heard, and because approaching others on foot means standing upright, and thus being visible to all and by all."

 

Théo Sanson, tightrope walker

After a serious climbing accident, Théo Sanson discovered the slackline in Grenoble in 2010, and became passionate about this new sport discipline which enables him to regain self-confidence. He obtained a teaching degree and decided to put all his energies into slacklining, which he views as a form of therapy. He explores the ins and outs of this activity and gets involved in local clubs and nationally.