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Nocturne Découverte / Projections et conférence / 29 avril / 19h
Généalogies et générations féministes d’Alex Martinis Roe
Dans le cadre du partenariat de l’ÉSAD •Grenoble •Valence et l'École du MAGASIN

Dans le cadre du workshop d’Alex Martinis Roe « Généalogies et générations - Affirmation de la différence dans la pratique artistique et politique », avec les élèves de l’ÉSAD et de l’Ecole du Magasin, une soirée se tiendra au MAGASIN autour de la pratique de l’artiste d’origine australienne. Elle est organisée par Simone Frangi et Katia Schneller, professeurs de théorie et d’histoire des arts à l’ÉSAD •Grenoble.

 

Pour son doctorat, Alex Martinis Roe s’est initialement intéressée à la contribution du féminisme compris comme une méthodologie artistique à une politique de la différence. Sa recherche se concentre à présent sur la relation généalogique existant entre les féminismes de la différence sexuelle et la pratique féministe du courant philosophique qui s’est récemment fait connaître sous l’appellation de « nouveau matérialisme ».

 

Comme en témoignent les deux films présentés au cours de la soirée, It Was an Unusual Way of Doing Politics: There Were Friendships, Loves, Gossip, Tears, Flowers…  (2014) et A Story from Circolo della Rosa (2014), l’un des enjeux de la pratique artistique d’Alex Martinis Roe est de mettre en relation différentes générations de théoriciennes, artistes et militantes, pour imaginer comment leur rencontre pourrait informer de nouvelles pratiques politiques. Afin de résister à la fragmentation croissante que traverse le féminisme depuis les années 1990 et qui menace de fossiliser l'héritage du mouvement des femmes, l’artiste met en avant le “passé féministe” comme une force toujours active. En usant de temporalités non-linéaires et de processus de re-enacting et de re-working, elle provoque des « rencontres discursives » entre les différents discours et générations féministes qui se trouvent convoquer dans son travail. L’appropriation devient ainsi une stratégie artistique qui, potentiellement « affirmative » et « constitutive », réorganise généalogiquement l'histoire et ouvre de manière performative de possibles avenirs féministes. 

 

Biographie

 

Alex Martinis Roe est actuellement artiste-chercheuse à la Graduiertenschule für die Künste, Universität der Künste, à Berlin où elle vit depuis 2009. Elle a soutenu en 2010 une thèse de doctorat en Arts Visuels à la Monash University en Australie effectuée grâce au Silver Jubilee Scholarship. En 2006-2007, elle a été en résidence à Gertrude Contemporary, à Melbourne; en 2011 au Seoul Artspace Geumcheon; en 2014 à Viafarini, Milan.

Ses expositions et événements récents incluent: Their desire rang through the halls and into the tower, résultat d’une commande de Casco – Office for Art, Design and Theory, Utrecht et présenté lors du festival Performance Days organisé par le collectif If I Can’t Dance en 2014; Once I wrote the story of her life, because by then I knew it by heart, Rongwrong, Amsterdam (2014); Manifestos Show: Act I, Inessential fathers, Archive Kabinett and Berlin Art Week (2014); Affirmative Practices, Haus der Kulturen der Welt, Berlin (solo, 2014); Making Room: Spaces of Anticipation, ar/ge Kunst Galerie Museum, Bolzano (2014); A story from Circolo della rosa, Archive Kabinett, Berlin (solo, 2014); Wahala, SAVVY Contemporary, Berlin (2013); NEW13, Australian Centre for Contemporary Art (2013); Collective Biographies, Bibliothekswohnung, Berlin (solo, 2012); Post-planning, Ian Potter Museum of Art, Melbourne (2012); non-writing histories, Artspace, Sydney (solo, 2012); Genealogies; Frameworks for Exchange, Pallas Projects, Dublin (solo, 2011); HaVE A LoOk! Have a Look! FormContent, London (2010). Alex Martinis Roe a fait des conférences et des workshops à la Kleine Humbolt Galerie, Berlin (2014); Rietveld Academie, Amsterdam (2014); If I Can't Dance, Amsterdam (2013); Salon Populaire, Berlin (2012); Women’s Art Library, London (2012); The Public School, Berlin (2012; 2013-14); Dublin City Gallery (2011); KTH Graduate Architecture, Stockholm (2012). 

 

 

Présentation des deux films projetés

 

It Was an Unusual Way of Doing Politics: There Were Friendships, Loves, Gossip, Tears, Flowers…  (2014, 10’34’’, Super 8 transféré en vidéo HD)

 

Deux langues maternelles. Deux manières de raconter une histoire. Que s’est-il passé au cours de la semaine de rencontre en 1972 entre le groupe Psychanalyse et Politique (qui s’était formé au sein du Mouvement de Libération de la Femme en 1968 à Paris) et quelques-unes des femmes qui allaient fonder le collectif La Librairie des Femmes à Milan ? Cette rencontre a donné lieu à une série de pratiques qui continuent de distinguer les mouvements français et italien. En donnant à entendre ces différentes voix dans un même espace, cette double projection explore une généalogie des pratiques politiques qui, mises ensemble, forment une culture particulière du groupe.

 

Remerciements

Pour It was an unusual way of doing politics: there were friendships, loves, gossip, tears, flowers… tous mes remerciements vont à Ursula Berzborn, Virginie Bobin, Emmanuelle Chérel, Gonzalo Garzo Fernández, Alicia Frankovich, Stéphane Menti, Edouard Mornaud, Aurélie Percevault, Baptiste Sorin, Stephane Suteau, Mathieu Vrignaud, Mire Cinéma expérimental et image en movement, Centre CGCV Longeville sur Mer, Centre Intermondes La Rochelle, Graduiertenschule für die Künste Berlin, Grotest Maru Berlin, Samstag Program, and the participants in the film Sandrine Cattier, Clémentine Julienne, Veronique Lapoudge, Estelle Le Guichard, Aurélie Mazzeo, Axel Menti, Iris Tlemsamani, Marion Thomas, Livia Verton, Alexandra Vincent.

 

A Story from Circolo della Rosa (2014, 8’18’’, vidéo HD incluant des documents venant des collections de Laura Minguzzi, Marirì Martinengo et des archives du collectif La Librairie des Femmes à Milan)

 

Dans ce film, la voix de l’artiste raconte l’histoire de deux femmes à l’une de ses proches collaboratrices en adoptant une forme épistolaire. Le film tisse des fragments issus des entretiens effectués par l’artiste avec des membres de La Librairie des Femmes à Milan dans le cadre de sa recherche sur l’histoire du collectif, avec son rapport personnel à leurs activités collectives, les lieux qui y sont associés ainsi que leurs textes et archives.

 

Le film retrace l’histoire de deux historiennes qui commencèrent à travailler ensemble sur des expériences pédagogiques féministes à la fin des années 1980. Il explore la nature de leur relation que l’on peut décrire comme un cas d’affidamento. Cette pratique symbolique sociale a été élaborée et théorisée par le collectif de la Librairie des Femmes de Milan. Il s’agit d’une relation réciproque dans laquelle deux femmes adultes se confient l’une à l’autre. En reconnaissant leurs désirs, compétences et différences propres, chaque femme donne à l’autre l’autorité dans leurs sphères respectives de pratique professionnelle et politique. Ce dispositif de la reconnaissance mutuelle les engage l’une par rapport à l’autre et par rapport à leur différence. En valorisant la différence sexuelle comme un trait propre à la multitude des femmes, la pratique de l’affidamento est devenu le mode réel d’organisation du collectif. Alex Martinis Roe explore l’histoire vécue de cette pratique comme une manière de raconter sa propre relation politique à la généalogie du féminisme et d’imaginer les futures féministes qui se situent dans les réseaux et les affiliations à travers les différentes époques et lieux.

 

Remerciements

Pour A story from Circolo della rosa, mes remerciements vontà Valerio del Baglivo, Luca Bergamaschi, Chiara Deidda, Simone Frangi, Alicia Frankovich, Mihovil Markulin, Mariri Martinengo, Laura Minguzzi, Renata Sarfati, Traudel Sattler, Melanie Sehgal, Giulio Verago, Archive Books, Berlin, Graduiertenschule für die Künste Berlin, Libreria delle donne di Milano, Samstag Program, Viafarini, Milan.