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INTERVIEW de MICHAEL CRAIG-MARTIN
Décembre 2005
3mn30s

  Traduction

© La Compagnie des Vidéastes 01/06

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Je connaissais le Magasin mais je n’étais jamais venu ici, donc ma priorité était de prendre conscience de l’espace ; c’est également très étrange car les murs sont de hauteurs différentes et il y a cette courbe du mur. C’est un espace très étrange et qui n’est pas symétrique ; le bâtiment en lui-même est symétrique, mais l’espace ne l’est pas – il fallait également se rendre compte de son immensité et combien le mur était énorme. Et je réfléchissais au fait que ce serait l’hiver et je ne me voyais pas en train de peindre les murs à cette époque de l’année ; je me félicite d’avoir décidé de ne pas le faire (rires)… mon idée sur le projet est d’englober l’espace… afin d’en prendre possession, de le transformer en quelque chose d’imposant, et dans cet objectif, il me semblait qu’il fallait de la couleur et des images un peu partout. Il fallait vraiment tout englober et donc il me semblait évident que la seule manière d’y parvenir était l’impression numérique. J’avais vraiment le sentiment que l’espace était tellement long, c’est comme un paysage que tu traverses et tu arrives à l’idée que l’espace pourrait changer lorsque tu pars d’un bout à l’autre, ce qui me semblait être un petit peu comme un paysage horizontal quand en fait c’est comme marcher en montagne et plus tu montes, plus l’air se raréfie.  En fait cela me faisait penser un peu à un changement de climat… ce qui est en effet le titre que j’avais choisi, parce qu’il me semblait qu’une des choses les plus importantes était le changement de la verrière qui a modifié la lumière…

Et il est très intéressant de voir que la luminosité est beaucoup plus austère, plus froide, bien plus définie : vous n’aviez jamais ce genre d’ombres avant sur le mur, et maintenant tout ressort très bien, mais c’est très intéressant par rapport au travail que je fais qui va dans ce sens ; c’est assez approprié pour ce genre de lumière.

J’ai eu l’idée d’étendre les images à l’ensemble du mur, quelque soit sa hauteur, afin qu’on puisse voir les images du sol au plafond – et il y a quelque chose à propos des choses ordinaires vues à une très grande échelle qui semble fantastique ; c’est assez captivant et alors…les objets que j’ai dessinés sont toujours des objets de la vie quotidienne et j’essaie d’englober autant de choses différentes : des vêtements à des outils de travail, des objets de cuisine, à des références à la nourriture et à la boisson, ou encore au sport et aux loisirs ; c’est finalement tout l’éventail de la vie qui est traduit à travers des choses ordinaires et je ne me souviens plus exactement s’il y a soixante ou soixante-dix images mais aucune des images n’est reproduite plusieurs fois ; j’ai utilisé plus d’images dans ce travail que dans aucune autre de mes réalisations.

Traduction Raffaëla Beck


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