Je connaissais le Magasin mais je n’étais jamais venu
ici, donc ma priorité était de prendre conscience de
l’espace ; c’est également très étrange
car les murs sont de hauteurs différentes et il y a cette
courbe du mur. C’est un espace très étrange et
qui n’est pas symétrique ; le bâtiment en lui-même
est symétrique, mais l’espace ne l’est pas – il
fallait également se rendre compte de son immensité et
combien le mur était énorme. Et je réfléchissais
au fait que ce serait l’hiver et je ne me voyais pas en train
de peindre les murs à cette époque de l’année ;
je me félicite d’avoir décidé de ne pas
le faire (rires)… mon idée sur le projet est d’englober
l’espace… afin d’en prendre possession, de le transformer
en quelque chose d’imposant, et dans cet objectif, il me semblait
qu’il fallait de la couleur et des images un peu partout. Il
fallait vraiment tout englober et donc il me semblait évident
que la seule manière d’y parvenir était l’impression
numérique. J’avais vraiment le sentiment que l’espace était
tellement long, c’est comme un paysage que tu traverses et tu
arrives à l’idée que l’espace pourrait changer
lorsque tu pars d’un bout à l’autre, ce qui me semblait être
un petit peu comme un paysage horizontal quand en fait c’est
comme marcher en montagne et plus tu montes, plus l’air se raréfie. En
fait cela me faisait penser un peu à un changement de climat… ce
qui est en effet le titre que j’avais choisi, parce qu’il
me semblait qu’une des choses les plus importantes était
le changement de la verrière qui a modifié la lumière…
Et il est très intéressant de voir que la luminosité est
beaucoup plus austère, plus froide, bien plus définie :
vous n’aviez jamais ce genre d’ombres avant sur le mur,
et maintenant tout ressort très bien, mais c’est très
intéressant par rapport au travail que je fais qui va dans ce
sens ; c’est assez approprié pour ce genre de lumière.
J’ai eu l’idée d’étendre les images à l’ensemble
du mur, quelque soit sa hauteur, afin qu’on puisse voir les images
du sol au plafond – et il y a quelque chose à propos des
choses ordinaires vues à une très grande échelle
qui semble fantastique ; c’est assez captivant et alors…les
objets que j’ai dessinés sont toujours des objets de la
vie quotidienne et j’essaie d’englober autant de choses
différentes : des vêtements à des outils de
travail, des objets de cuisine, à des références à la
nourriture et à la boisson, ou encore au sport et aux loisirs ;
c’est finalement tout l’éventail de la vie qui est
traduit à travers des choses ordinaires et je ne me souviens
plus exactement s’il y a soixante ou soixante-dix images mais
aucune des images n’est reproduite plusieurs fois ; j’ai
utilisé plus d’images dans ce travail que dans aucune
autre de mes réalisations.
Traduction Raffaëla Beck |