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Je préfère être dérangé
Exposition de la Session 23 de l'École du MAGASIN

Dans le cadre du partenariat pédagogique entre l’ÉSAD •Grenoble et l’École du MAGASIN et en dialogue avec le collectionneur isérois Bruno Henry, la Session 23 a été invitée à présenter une sélection d’œuvres issues de la collection de ce dernier, celles de Robert Combas, Richard Fauguet, Vincent Gontier, Raphaël Haie, Matthieu Manche, Mathieu Mercier, Anita Molinero, Richard Monnier, Philippe Parreno, Laurent Perbos, Isabelle Crespo Rocha et Stéphane Billot, et Raphaël Zarka.

 

L’École du MAGASIN est un programme de formation professionnelle aux pratiques curatoriales soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication et la Région Rhône-Alpes. Pour sa 23ème session, l’École a accueilli en formation six participantes : Claire Astier (France), Neringa Bumbliené (Lituanie), Paola Bonino (Italie), Giulia Bortoluzzi (Italie), Selma Boskailo (Bosnie) et Anna Tomczak (Pologne).

Cette exposition organisée par la Session 23 de l'École du MAGASIN proposait de s'immiscer dans la collection d’œuvres contemporaines de Bruno Henry. Amateur d'art, il a rassemblé au cours des 30 dernières années, un grand nombre de pièces dont la diversité est à l'image de sa curiosité pour l'art et les artistes.

 

« Certaines expositions restent invisibles. Les œuvres d'art s'y dévoilent et trouvent leurs places via une relation secrète avec celui qui les possède. Elles se présentent sous d'autres aspects que leurs traditionnels protocoles de monstration ne les y autoriseraient.

Il en va ainsi de la collection de Bruno Henry dont les pièces engagent leurs discours à l'abri des regards, flirtent avec les lambris du plancher ou le miroir de la salle de bain ; œuvres de chevet, elles se laissent toucher ou encore dominent, vigies juchées sur l'armoire du salon.

La scénographie intime entremêle la trivialité de l'usage des objets et de leurs fonctionnalités au discours amoureux du langage esthétique. Ce frottement quotidien provoque à la faveur des ombres domestiques des affinités électives, liaisons précaires qui recomposent des récits collectifs inédits entre les œuvres d'art, la maison et leur propriétaire. Tout en rejouant certains épisodes de l'histoire de l'art, œuvres et objets échangent leurs pouvoirs et mettent en scène l'étrangeté du quotidien.

 

Le choix de vivre à l'intérieur de sa collection implique pour Bruno Henry un jeu de sollicitations qui opposent leurs instabilités à l'usure du quotidien : « je préfère être dérangé ». Étranges, lointaines, complices parfois, familières ou vénéneuses, objets de sa passion, les œuvres de Bruno Henry réactivent sans cesse l'idée de possession.

 

Ouvrir cette collection au public, c'est d'une certaine manière déranger le miroir qu'elle constitue afin de jouer avec les lignes d'une perspective dont seul Bruno Henry est le point de fuite. » Session 23.

 

L’ÉCOLE DU MAGASIN, PREMIÈRE FORMATION AUX PRATIQUES CURATORIALES EN EUROPE


Fondée en 1987, l’École du MAGASIN est le premier programme de formation aux pratiques curatoriales en Europe. Elle est conçue pour procurer un environnement professionnel associant rigoureusement recherche et pratique. Le programme de l’École du MAGASIN se distingue par le fait qu’il accueille des participants, des tuteurs et des intervenants du monde entier et que l’école soit implantée au sein même du centre d’art, en lien direct avec ses activités. L’École encourage ainsi des approches curatoriales variées qui incluent non seulement la manière dont un projet prend forme, mais aussi la manière de prendre en compte et intégrer un réseau de cultures et de technologies nouvellement développées, de combiner l’esthétique à des fins informatives, de concevoir un projet dans un contexte spécifique, d’exprimer une identité collective et la cohérence d’une réalisation de groupe. Cette formation pionnière a inspiré de nombreuses initiatives à travers le monde.