Connection
ART IN POP

En 1989 était présentée au MAGASIN l’exposition "Broken Music" de Ursula et René Block qui réunissait plus de 800 artistes et créateurs et « Replay - la sphère punk » (du 4 juin au 3 septembre 2006) qui présentait pour la première fois les collages de Linder, les bannières peintes de « Destroy all Monsters » de Jim Saw, Cary Loren et Mike Kelley aux côtés du « Reverse Karaoke » de Kim Gordon et Jutta Koether. Citons encore la présentation de l’oeuvre graphique et peinte de Gary Panter, l’une des figures centrales de la scène musicale et de la bande dessinée d’Austin (du 28 mai au 10 septembre 2000).

 

À leur suite, l’exposition « Art in Pop » trouve son origine dans des constats simples et communément partagés. En effet, s’il est vrai que jusque dans les années soixante de nombreux musiciens et chanteurs ont eu une pratique artistique qui est de l'ordre du loisir et de quelque chose qui s’apparente au jardin secret de la créativité, il est tout aussi vrai qu’à partir de cette même décennie de nombreux musiciens de la pop musique ont été formés dans des écoles d’art, tout particulièrement en Angleterre. Sous l'influence conjuguée de l'éclatement des frontières entre "haute" et "basse" culture et du glissement des codes de production, d’identité et de style de la première (la « haute culture », celle de l’art et des disciplines savantes) vers la seconde (la « basse culture », celle de la télévision, de la bande dessinée et plus généralement de la production culturelle industrielle), les pratiques musicales et plastiques s'entremêlent. La musique pop devient le lieu d'une double posture entre art et musique où le musicien est également artiste ou inversement et d'où émergeront notamment des figures de producteurs de structures mais également de sens et d'esthétiques.

 

In 1989, the exhibition "Broken Music" by Ursula and René Block gathered together over 800 artists and designers, while the exhibition "Replay – the punk sphere" (hosted from 4 June to 3 September 2006) presented for the very first time the collages by Linder and the painted banners of "Destroy All Monsters" by Jim Saw, Cary Loren and Mike Kelley next to "Reverse Karaoke" by Kim Gordon and Jutta Koether. The MAGASIN also presented, from 28 May to 10 September 2000, the graphic and painted oeuvre of Gary Panter, a central figure of the Austin music and comics scene.

In the wake of these previous events, the "Art in Pop" exhibition is born of a few simple, commonly shared observations.

Indeed, while it is true that up until the 1960s numerous musicians and singers practiced art as a leisure activity, as something akin to their "secret garden of creativity", it is equally true that beginning during this same decade numerous pop musicians benefitted from art school training, this being especially the case in England. Music and the fine arts became intermingled under the combined influence of the breaking down of the borders between high and low culture and the shifting of the production, identity and style codes of the former (the "high culture" of art and the scholarly disciplines) to the second (the "low culture" of television, comics and industrial cultural production in general).

Pop music would become a two-fold scene straddling art and music in which the musician was also an artist and vice versa, and from which would notably emerge figures producing not only structures but also meanings and aesthetics.

L'exposition, organisée en une succession de salles dédiées à des individualités ou à des thématiques, rassemble des documents de toute nature (pochettes de disques, documents filmés d’interviews ou de concerts) et des oeuvres d’art.

L'une des salles de l'exposition est par exemple dédiée à Captain Beefheart, Don Van Vliet de son vrai nom, qui est né en 1941 dans la banlieue de Los Angeles. Combinant un grand nombre d'influences (blues, rock, musique psychédélique, free jazz... ), et en rupture avec les conventions de la musique rock, il fut considéré comme une figure de la musique avant-gardiste. En 1982, il quitte le monde de la musique et part vivre dans le désert californien de Mojave pour se consacrer à la peinture. Il a développé une oeuvre picturale représentée par des galeries de premier plan (cf. Michael Werner). Il a
entretenu des relations suivies avec d’autres artistes, notamment Sigmar Polke avec lequel il a aussi « jammé ».

L'espace central principal est consacré à Malcolm McLaren qui incarne plus que tout autre l'éclatement de la notion d'artiste qui se forme à la fin des années soixante. Né en 1946 à Londres, il est formé successivement dans différentes écoles d'art dont le Goldsmith College. Après sa première exposition personnelle à la Kingly Street Gallery de Londres en 1965 et différentes séries de travaux il travaille au script d'un documentaire sur Oxford Street qu'il abandonne faute de moyens pour se consacrer au design de vêtements. Il ouvre sa première boutique, Let it Rock, en partenariat avec
Vivienne Westwood avec qui il conçoit les costumes du film Mahler de Ken Russell. Il devient le manager des groupes QT Jones et Sex Pistols en 1974. Il produira par la suite un ensemble diversifié de films, disques, vêtements et autres pour marquer durablement l'extension considérable de la définition d'artiste et de ses champs d'intervention. L'exposition est constituée d'une ensemble tout à fait exceptionnel de documents et de créations originales de toutes natures sélectionnées avec le concours de son estate.

Autre exemple, John Miller, né en 1954 à Cleveland, il vit et travaille à New York et Berlin. Sa production protéiforme, photographie, peinture, sculpture, vidéo, qu’éclaire une prolifique production de textes critiques, questionne depuis ses débuts la question de valeur dans nos sociétés tant dans la sphère globale sociétale que dans celle des médias ou de l’art.

Sa salle présente un ensemble de documents retraçant son itinéraire musical mais également quelques oeuvres dont la vidéo de Tony Oursler “Life of Phillis”. Depuis ses études à l’École d’art de Rhode Island, il est membre de groupes divers dont il a été pour certains le fondateur :
. The Foot Notes (Rhode Island School of Design avec J.D. King, Michael Bloom, Randy Ludacer, Margie Politzer et David Bowes, le leader à la pratique neo-expressionniste ), 1976-77.
. The Coachmen (J.D. King, Thurston Moore, Dan Walworth), 1977.
. The Poetics (Mike Kelley, Tony Oursler, John Arnheim, Bill Stobaugh/Szymon Choynowski), 1978-79.
. Robot (Takuji Kogo) depuis 2000.
. xxx Macarena (Jutta Koether, Tony Conrad, épisodiquement Greg Parma Smith, Mike Kelley et Kim Gordon, une fois), 2008-2012.
. Dirty Mirrors (Aura Rosenberg, Dan Walworth, Jon Kessler, David Humphrey) (Berlin lineup: Aura Rosenberg, Frank Lutz), 2006-2012.
. The Cornichons (Aura Rosenberg, Dan Walworth, Jon Kessler, Jose Martos, Servane Mary) depuis 2013.

L’exposition comprend des salles développées autour de David Thomas – Pere Ubu, Malcolm McLaren, Mayo Thompson - Red Krayola, Daniel Johnston, Alix Lambert. John Armleder assurera le commissariat d’une salle pour une exposition dont il avait l’idée sans jamais avoir pu la réaliser avec Genesis P-Orridge et Alan Vega.

D’autres salles montrent des ensembles plus réduits d’oeuvres et de documents autour de Jerry Garcia (Grateful Dead), Philippe Katerine avec une nouvelle série de dessins, Cris Kirkwood (Meat Puppets).

The exhibition takes the form of a succession of rooms dedicated to individuals or themes gathering together all types of documents (album covers, filmed interviews or concerts) and works of art.

For instance, one of the exhibition rooms is dedicated to Don Van Vliet, better known as Captain Beefheart, who was born in 1941 in the Los Angeles suburbs. Combining a great number of different influences (blues, rock, psychedelic music, free jazz, etc.) and breaking with the conventions of rock n' roll, he was considered an avantgarde musician. In 1982, he left the world of music to go live in California's Mojave Desert, where he dedicated himself to painting. There he developed a pictorial oeuvre represented by leading galleries (for instance, that of Michael Werner). He remained in regular contact with other artists, notably Sigmar Polke, with whom he also « jammed ».

Another example : John Miller, who was born in 1954 in Cleveland, and lives and works in New York and Berlin. His protean oeuvre (photographs, paintings, sculptures, videos), enlightened by his prolific production of critical texts, has ever questioned the values of our societies, both in the global societal sphere and in the more specific realms of media and art.

His exhibition room will present an ensemble of documents retracing his musical career, as well as a few other oeuvres, such as the video "Life of Phillis" by Tony Oursler. Since studying at the Rhode Island Art School, he has been the member and occasionally the founder of diverse groups :

. The Foot Notes (Rhode Island School of Design with J.D. King, Michael Bloom, Randy Ludacer, Margie Politzer and David Bowes, the leader with a neo-expressionistic practice), 1976-77.
. The Coachmen (J.D. King, Thurston Moore, Dan Walworth), 1977.
. The Poetics (Mike Kelley, Tony Oursler, John Arnheim, Bill Stobaugh/Szymon Choynowski), 1978-79.
. Robot (Takuji Kogo) since 2000.
. xxx Macarena (Jutta Koether, Tony Conrad, sometimes Greg Parma Smith, Mike Kelley and Kim Gordon, once), 2008-2012.
. Dirty Mirrors (Aura Rosenberg, Dan Walworth, Jon Kessler, David Humphrey) (Berlin lineup: Aura Rosenberg, Frank Lutz), 2006-2012.
. The Cornichons (Aura Rosenberg, Dan Walworth, Jon Kessler, Jose Martos, Servane Mary) since 2013.

The exhibition will include rooms organized around : David Thomas – Pere Ubu, Malcolm McLaren, Mayo Thompson - Red Krayola, Daniel Johnston, Alix Lambert. John Armleder will curate a room for an exhibition of his creation that he was never before able to pursue, with Genesis P-Orridge and Alan Vega.

Other exhibition rooms will present smaller ensembles of works and documents organized around Jerry Garcia (Grateful Dead), Philippe Katerine with a new series of drawings and Cris Kirkwood (Meat Puppets).

Around the exhibition

  • Opening of the exhibition
    "Pression, liberté, expression"
    of DAN PERJOVSCHI
    07.04.15

    Thursday, April 9, 2015 at 6pm

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