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2/7 Les dimanches à l'horizontale / La petite histoire de la banane / Mhz __ en ligne

 
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PETITE HISTOIRE DE LA BANANE

 

 

 

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« En suivant l’itinéraire de la banane, on part de la Nouvelle-Guinée, puis c’est l’Inde – il ne s’agit pas encore de voyages coloniaux –, l’Indonésie, l’Australie, la Malaisie, puis l’Afrique de l’Est. Dès 3 000 av. J.-C., la littérature bouddhiste parle de la banane. La littérature islamique se fait ensuite l’écho de la diffusion du fruit, les marchands musulmans jouant un rôle essentiel, jusqu’au XVe, XVIe siècle, dans le resserrement des liens entre l’Asie du Sud et l’Afrique. Au Japon, les fibres du bananier jouent un rôle important dans l’industrie du textile. Quand la banane passe dans l’économie de l’esclavage, c’est soit pour que les bananiers protègent d’autres cultures, grâce à l’ombre fournie par leurs feuilles, soit pour nourrir la population esclave. Les bananes ne sont pas encore exportées : loin d’être une marchandise globale, cette denrée, quoiqu’utilisée partout, continue à faire l’objet d’une utilisation locale, pays par pays. La production massive ne commence qu’au XIXe siècle, lorsque William Cavendish, duc de Devonshire (1790-1858), rapporte, de l’île Maurice en Angleterre, ce qui deviendra, en 1836, « la » cavendish.

  

Les Occidentaux savent désormais comment reproduire et cultiver la banane comme ils le souhaitent pour leur marché : la banane devient un produit intégré dans l’économie capitaliste et impérialiste. Le moment le plus important est celui où la banane entre dans la cuisine américaine comme bien de consommation. Parmi ses avantages, la banane présente celui de n’avoir pas de saison. Trois autres atouts contribuent à sa popularité aux États-Unis : son prix très bas ; ses bénéfices sur la santé ; sa peau, qui la protège autant des pesticides que des maladies, et en fait un produit recommandable pour les bébés comme pour les femmes enceintes ou les personnes âgées. Et c’est dans « l’arrière-cour » de l’impérialisme US – Amérique centrale – ou dans sa colonie de Porto Rico, que des plantations sont créées. La United Fruit Company (UFC) devient la multinationale de la banane. Elle va développer tout un appareil de propagande pour faire de ce fruit un élément incontournable de la cuisine, utilisant la publicité, la radio, la télévision, le cinéma, des concours nationaux de recettes de bananes portés par des magazines féminins nord-américains. La banane est associée à la maîtresse de maison blanche de la banlieue blanche des années 1950. Dans le contexte de la guerre froide, le fruit, absent de l’Union soviétique et des pays de l’Est, finit par être associé au « monde libre ». »
Banane, esclavage et capitalisme racial, Françoise Vergès

 

 

 

 
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