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BIVOUAC #1 - Sensibilités particulières : vivre plus fort ?
/ Il est temps de rallumer les étoiles

JEU 10 JAN 2019 À 19H
« SENSIBILITÉS PARTICULIÈRES : VIVRE PLUS FORT ?  »

Rdv à la MDH Chorier-Berriat

Entrée libre / Résa : reservation@magasin-cnac.org.

 

Projections de films d'artistes & rencontres

 

Qu’est-ce qu’être hypersensible ?

Capter quelque chose du monde, de sa frénésie, de ses toxicités, qu’elles soient atmosphériques ou relationnelles. Une étrange faculté de capter des forces. Une sensibilité qui excède les seuils et les formats de ce qui est normalement perceptible.

Certaines personnes subissent leur hypersensibilité, d’autres la cultive. À chaque fois, il s’agit d’apprendre à vivre avec. Ce vivre avec prend la forme d’une expérience d’inséparation au monde : nous sommes chacun un fragment inséparé du monde. 

Les hypersensibles sont ceux qui veillent à nous rappeler et à attester qu’il n’y a pas “nous” et “le monde”.

 

Ce BIVOUAC a été pensé avec Jérémy Damian, chercheur associé au MAGASIN des horizons pour l’année 2019. Après les projections de Losing the bird (2015) réalisé par Simon Ripoll-Hurier, et Deux Cieux (2007) de Christoph Keller, trois propositions permettront d’aborder la question de nos hypersenbilités avec Léa Pomaja, artiste radio, Adéli Motchan, danseuse Bûto et chorégraphe et Simon Ripoll-Hurier, artiste.

 

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Projection des films de :

Simon Ripoll-Hurier
Losing the bird, 2015

Dans Losing the bird, on assiste à une séance de « birdwatching », une pratique consistant à écouter les oiseaux dans leur environnement naturel, notamment grâce à la technique du « pishing » : le but étant d’arriver à observer le plus d’espèces possible, il s’agit d’attirer différents oiseaux en imitant le chant d’espèces ennemies afin de susciter une réaction. C’est donc une écoute active, une écoute bruyante, que le spectateur est invité à écouter lui-même, dans une sorte de mise en abyme. La vidéo convie à une réflexion sur les ambiguïtés de l’écoute, sur le rapport entre le son et le comportement, sur la communication dans la nature, chez l’être humain, et entre ces deux mondes. S’ils ne boudent pas les technologies, les deux
« birdwatchers » semblent davantage compter sur leur voix, cette voix qui, selon Max Neuhaus, est le dispositif de production sonore le plus sophistiqué dont dispose l’être humain. A mesure que la nuit tombe, les jumelles ne servent plus à rien – et comme le fait remarquer l’un des protagonistes, ici, ce n’est pas important de voir : il faut entendre. 

Marie Verry

Biographie 

Simon Ripoll-Hurier est un artiste pluridisciplinaire. Actif dans les champs de l’art contemporain, de la radio et de la musique, son travail a été exposé en France et à l’international, diffusé par France Culture, acquis par des collections publiques. Il est l’un des membres fondateurs de la radio internet *DUUU et joue avec le groupe de surf music les Agamemnonz. 

 

Retrouvez Simon Ripoll-Hurier et Jérémy Damian pour un « Étirement » au Pacifique - CDCN

SAM 02 DEC - 9h30>17h30

Les Étirements associent la pensée et le mouvement au cours d’une journée thématisée. Expérience partagée entre intervenants et participants, les Étirements proposent un temps du “dire et du faire”. Un projet de CitéDanse - Grenoble et du Pacifique - CDCN

Pour plus d’infos : lepacifique-grenoble.com 

 

Christoph Keller
Deux Cieux, 2007

« Les deux chamanes ont aplani le sol à proximité du menhir pour créer un espace de cérémonie circulaire, et tout le monde s’est assis. Le premier chamane est entré en transe extrêmement rapidement. Son corps était agité de frissons et de tremblements, et il s’est bientôt mis à marmotter comme un animal. Il était assis dans une posture bizarre, au pied de la pierre, un peu comme une chouette peut-être ; les lèvres retroussées, les yeux clignotants. Ensuite, il a commencé à parler en prenant différentes voix étranges (...) Autant que j’ai pu voir, aucune drogue n’a été consommée, et lorsque cela a pris fin les chamanes étaient complètement calmes et détendus. J’ai tout filmé ».

Cette scène, filmée il y a 10 ans par l’artiste, se déroule en Bretagne.

Biographie 

Les installations de Christoph Keller apparaissent souvent comme des configurations expérimentales, qui s’appuient sur les possibilités discursives de l’art pour approfondir des thématiques liées à la science et à ses utopies. Le Cloudbuster-Project rejoue les expérimentations de Wilhelm Reich autour de l’énergie de l’orgone et de ses effets sur l’atmosphère. Dans Encyclopaedia Cinematographica et Archives as Objects as Monuments, Keller se penche sur l’archéologie des films scientifiques, l’impossible objectivité de la documentation, et le problème de la soif de mise en ordre du savoir intrinsèque aux archives. Expedition-Bus and Shaman-Travel, un camping-car recouvert de miroirs destiné à des voyages de recherche, révèle que le point de vue ethnographique de la science est déterminé par les projections de sa propre culture.

 

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SUIVI D'UNE DISCUSSION EN PRÉSENCE DE

Jérémy Damian 

Jérémy Damian est anthropologue intermittent de la recherche. Ses recherches cartographient, dans les franges de notre naturalisme moderne, des pratiques collectives de mise en culture de sensorialités aberrantes. Avec l’association Pli sur Pli, il tente de construire des milieux hospitaliers au côtoiement des savoirs académiques, des pratiques somatiques et des écritures contemporaines. Compagnon du TJP, - CDN de Strasbourg, il coordonne la revue Corps-Objet-Image. Il est chercheur associé au Magasin des horizons. Il a soutenu une thèse en 2012 intitulée Intériorités / Sensations / Consciences – les expérimentations somatique du Contact Improvisation et du Body-Mind Centering.  

Léa Promaja, artiste radio  

Léa Promaja travaille les ondes sonores pour la radio, mais explore dernièrement la perception d’un autre type d’ondes : celles des champs électromagnétiques, dits «rayonnements non-ionisants», utilisés par les technologies sans-fil.

Adéli Motchan, danseuse buto 

Chorégraphe, artiste visuelle et arpenteuse, est issue du cirque contemporain, de la danse buto/body weather laboratory et de l’éducation somatique.

Son travail artistique se situe aux confins de la photographie, des arts plastiques, de la danse et de la performance.

Elle investit des lieux atypiques ou des plateaux : ré-invente les espaces ou les paysages dans des « Espaces Imaginaires ».

La mise en présence du corps est au centre de son processus artistique. Son vocabulaire mêle l’intime, le sensible, la tension et la lenteur à travers des corps immobiles ou en mouvement,s’approchant du rituel et de la contemplation.

Elle marche à la recherche d’une géo-poétique, « une sensation du monde perceptive » par différents médiums : écriture, photographie, chorégraphie...

Inspirée par la philosophie et la spiritualité indienne, elle est professeur de Kundalini Yoga.

 

Simon Ripoll-Hurier

(Né en 1985, vit et travaille à Paris). 

Entre 2014 et 2017, il développe Diana, une recherche qui inclut film, vidéo, performance et création radiophonique, au cours de laquelle il va à la rencontre de différentes pratiques d’écoute qu’il met en relation (radioamateurisme, birdwatching, ghost seeking…). Le travail de Simon Ripoll-Hurier a été présenté dans des festivals et biennales (Visions du Réel, FIDMarseille, Bergen Assembly, Helicotrema…), dans des centres d’art (Palais de Tokyo, Laboratoires d’Aubervilliers, Frac Franche-Comté, Ujazdowski Castle à Varsovie, Greylight à Bruxelles, Le MAGASIN des horizons, la Villa du Parc...) et diffusé à la radio (France Culture, Wave Farm / WGXC...).

Simon Ripoll-Hurier joue aussi avec Les Agamemnonz, un groupe de surf instrumental, et a co-fondé *DUUU, une webradio d’artistes.