Connection
BIVOUAC #10 - The voices of indigenous women
/ It's time to rekindle the stars

SAM 23 MARS À 14H & 19H
« PEUPLES AUTOCHTONES, NATIONS PREMIÈRES »

Rdv à MIDI/MINUIT

 

Projection de films de :

Cecilia Vicuna

Konkon, 2010

 

Dans ce poème documentaire, Cecilia Vicuna revient à Con Con, lieu de naissance de son art au Chili, où la mer se meurt et où une tradition ancienne est en train d’être détruite. Con Con est situé à l’embouchure de la rivière Aconcagua dont la source est le glacier d’Aconcagua, la plus haute montagne de l’hémisphère occidental. Nommé en l’honneur de la divinité la plus ancienne des Andes, le dieu Kon, il pourrait s’agir d’un site d’oracle sacré depuis des millénaires, associé au site d’oracle le plus renommé des Amériques : Pachacamac, situé sur la côte péruvienne. 

Explorant le sens oublié des noms anciens, l’artiste retrouve une mémoire culturelle effacée. Dans cette oeuvre hybride, à la fois poème et documentaire, Cecilia Vicuna crée de nouveaux ponts entre les ancêtres et les avant-gardes. 

Biographie

Cecilia Vicuña est une poète, artiste, cinéaste et militante. Son travail répond aux préoccupations pressantes du monde moderne, notamment à la destruction de l’environnement, aux droits de la personne et de l’homogénéisation culturelle. Née et élevée à Santiago du Chili, elle est en exil depuis le début des années 1970, après le coup d’État militaire contre le président élu Salvador Allende. Cecilia Vicuña a commencé à créer des « oeuvres précaires » et des quipus* au milieu des années 60 au Chili, afin « d’entendre un silence ancien qui attend d’être entendu ». Ses oeuvres multidimensionnelles commencent comme un poème, une image qui se transforme en un film, une chanson, une sculpture ou une performance collective. Ces installations éphémères et spécifiques à la nature, aux rues et aux musées combinent rituel et assemblage. Elle appelle ce travail participatif impermanent « lo precario » (le précaire) : des actes de transformation qui font le lien entre l’art et la vie, l’ancêtre et l’avant-garde. Ses peintures du début des années 1970 ont décolonisé l’art des conquérants et des « saints » hérités de l’Église catholique, pour créer des images irrévérencieuses des héros de la révolution. 

 

Laakkuluk Williamson Bathory

Timiga Nunalu Sikulu (My Body, the Land and the Ice), 

 

Dans sa vidéo, Laakuluk Williamson Bathory rejoue la métaphore du nu incliné dans l’art occidental ainsi que le désir pour les corps de femmes et la terre dans l’imaginaire colonial. Dans « Une forme d’autoportrait féministe, Bathory propose aussi une vision autochtone partielle des relations entre la terre et le corps. Elle s’avère partielle dans le sens où, lorsque Bathory interrompt la persistance du regard colonial, elle doit aussi se détacher brièvement de sa contemplation de la toundra, un point d’observation du paysage qui n’appartient qu’à elle. 

Biographie

Laakkuluk Williamson Bathory est une Kalaallit, artiste de la performance et danseuse du masque dans la tradition uaajeerneq, une performance narrative qui entremêle humour, peur et sexualité, à laquelle elle a recours à la fois comme expression culturelle et comme affirmation politique actuelle. Bien qu’elle vive éloignée d’Iqaluit et de Maniitsoq au Groenland, c’est à Saskatoon, où elle est née, qu’elle a fait son apprentissage et donné des spectacles avec sa mère Maariu Olsen, une figure majeure de la renaissance de l’art du uaajeerneq au cours des années 1970. Bathory fait partie des fondateurs de Qaggiavuut!, une organisation communautaire qui soutient les arts du spectacle au Nunavut. Elle collabore fréquemment avec la célèbre chanteuse de gorge Tanya Tagaq, avec qui elle s’est produit en 2015 dans le cadre du projet #callresponse, qui a rassemblé des femmes autochtones de tout le continent, ainsi que dans le vidéoclip Retribution (2016) de Tagaq.

 

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En présence de :

Regina Trindade

Elle a été artiste-chercheure à l’Institut de Biologie Structurale de Grenoble où elle explorait différents médiums et connexions entre art, science, technologie et nature pour questionner notre relation au vivant. Depuis 2014, elle s’intéresse aux nouvelles dynamiques culturelles et sociale. C’est à partir de l’élément eau (à la fois milieu où se déroule les processus vitaux et point centrale de la manière d’être et de penser des peuples autochtones au Brésil) que son univers de création artistique croise celui de ses engagements dans des mouvements citoyens. Ses installations sont fréquemment issues de processus collectifs, dans l’espace public à l’occasion de manifestations citoyennes. 

Au sein de l’association Lado Brasil qu’elle anime, elle réalise des activités autour de la culture brésilienne dans sa diversité et des luttes des peuples autochtones au Brésil pour le droit à la terre. 

 

Sonia Kerfa

Maître de conférences-Habilitée à Diriger des Recherches,
Département des Études des Mondes Hispanophone et Lusophone, Faculté des Langues
Agrégée d’espagnol
Champs de recherche : histoire et esthétique des cinémas du réel en Espagne et en Amérique hispanophone (cinéma documentaire, expérimental, pédagogique, militant, actualités filmées, webdocumentaire); études de genre (représentations du corps et marginalités).

SAT, MARCH 23, 2PM & 7.30PM
« THE VOICES OF INDIGENOUS WOMEN »

Meeting point : MIDI/MINUIT

 

Films screenings :

Cecilia Vicuna

Konkon, 2010

 

In this documentary poem, Cecilia Vicuña returns to Con Con, the birthplace of her art in Chile, where the sea is dying and where an ancient tradition is being destroyed. Con Con is located in the mouth of the Aconcagua River, which has its source in the glaciers of Aconcagua, the tallest mountain in the Western hemisphere. Named for the oldest deity of the Andes, the god Kon, it may have been a sacred oracle site for millennia, associated with the most renowned oracle site in the Americas: Pachacamac, located on the coast of Peru. 

 

Exploring the forgotten meaning of the ancient names, the artist recovers an erased cultural memory. In this hybrid work, part poem, part documentary, Cecilia Vicuña creates new bridges between the ancestral and the avant-garde. 

Biography : 

Cecilia Vicuña is a poet, artist, filmmaker, and activist. Her work responds to the pressing concerns of the modern world, including environmental degradation, human rights, and the homogenization of culture. Born and raised in Santiago, Chile, she has been in exile since the early 1970s, after the military coup against President-elect Salvador Allende. Cecilia Vicuña began creating “precarious works” and quipus in the mid-1960s in Chile, in order to “lend an ear to the ancient silence waiting to be heard.” Her multidimensional work begins with a poem, an image that is transformed into a film, a song, a sculpture, or a group performance. These ephemeral installations for natural sites, streets, or museums, combine ritual and assemblage. Vicuña calls this ephemeral participatory work “lo precario” (the precarious): acts of transformation that link art and life, the ancestral and the avant-garde. Her paintings of the early 1970s helped to decolonize the art of conquerors and “saints” inherited from the Catholic Church in order to create irreverent images of the heroes of the revolution.

 

Laakkuluk Williamson Bathory

Timiga Nunalu Sikulu (My Body, the Land and the Ice), 

 

In her video, Laakuluk Williamson Bathory reprises the metaphor of the reclining nude in Western art as well as the desire for women’s bodies and the earth in the colonial imagination. In A Form of Feminist Self-Portrait, Bathory also offers a partial indigenous vision of the relationship between the land and the body. It is partial in the sense that, when Bathory interrupts the persistent colonial gaze, she must also briefly detach herself from the contemplation of the tundra, a perspective on the landscape which is uniquely hers.

Biography

Laakkuluk Williamson Bathory is a Kalaallit performance artist and mask dancer in the tradition of uaajeerneq. This type of spoken-word performance combines humor, fear, and sexuality, which the artist uses both as a cultural expression and as a political statement. Although she lives far from Iqaluit and Maniitsoq in Greenland, it was in Saskatoon, where she was born, that she apprenticed and performed with her mother Maariu Olsen, a major figure in the revival of uaajeerneq art in the 1970s. Bathory is a founding member of Qaggiavuut!, a community-based organization that supports the performing arts in Nunavut. She frequently collaborates with the famous throat singer Tanya Tagaq, with whom she performed in 2015 as part of the #callresponse project, which brought together indigenous women from across the continent, as well as in Tagaq’s Retribution music video (2016).

 

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With the participation of:

 

Regina Trindade

Regina Trindade held the position of artist-researcher at the Institute of Structural Biology in Grenoble where she worked with different media and connections between art, science, technology, and nature in order to explore our relationship to life. Since 2014, she has been interested in new cultural and social dynamics. The element of water (both the world in which life processes and the nexus of being and thought of indigenous peoples in Brazil) Her installations are often the result of collective processes, created in public spaces during demonstrations.
As part of the Lado Brasil Association which she leads, Trindade Regina carries out activities related to Brazilian culture in its diversity and the struggle of indigenous peoples in Brazil for the right to land.

 

Sonia Kerfa

Lecturer-Registered to supervise research,

Department of Studies of Hispanic and Lusophone Worlds, Faculty of Languages

Aggregated Spanish

Fields of research: history and aesthetics of real cinemas in Spain and Spanish-speaking America (documentary, experimental, educational, activist, filmed news, web documentaries); gender studies (representations of the body and marginalities).